Témoignage du CROP Paul Bouvier – Nîmes

Ce témoignage est extrait des actes du colloque co-organisé par la CNSA et le GNCHR, le 12 janvier 2016 à Paris, intitulé : « Défis et enjeux de la coopération des acteurs au sein du dispositif intégré handicaps rares ».

Le CROP Paul Bouvier participait à la table ronde « Le développement d’une compétence collective : l’enjeu de la formation comme moyen de l’intégration ».

Valérie ANTONIOLLI, du CROP Paul Bouvier, connaît Élisabeth LASSERRE et le Centre de ressources Robert Laplane depuis son expérience dans un service spécialisé pour enfants sourds en Guyane française. Là-bas, elle avait pu constater les bienfaits de l’intervention du Centre de ressources sur les enfants, les équipes et aussi les familles. En arrivant sur  Nîmes au CROP Paul Bouvier en 2008, elle évalue des besoins auprès d’enfants avec des profils très particuliers et pense logiquement faire appel au Centre de ressources. Elle entame alors une démarche progressive de sensibilisation de l’équipe en place, car il n’est pas évident de faire accepter l’idée d’une aide extérieure. 

Pour cela, elle s’appuie sur ses compétences acquises en Guyane grâce au Centre Robert Laplane : elle commence à faire réfléchir les équipes autrement, en essayant de  considérer un peu plus l’enfant dans sa globalité, sans se cantonner à la surdité. Elle  introduit les démarches de communication par pictogrammes, de questionnements sur  les troubles neurovisuels, la posture… pour obliger à « fouiller » un peu plus. Le  directeur du CROP a pleinement adhéré à cette vision, cela a facilité les choses.

En 2011, une convention de partenariat a été signée avec le Centre de ressources, d’abord sur le secteur nîmois qui compte beaucoup d’enfants avec des troubles associés ou des handicaps rares. Mais le CROP intervient dans le sud de la France, de Béziers jusqu’à Orange en passant par les Cévennes. En cinq ans de partenariat, les actions ont porté sur des axes très divers, avec toujours l’objectif de développer les compétences des professionnels. Finalement, les interventions du Centre de ressources ont été intégrées dans le plan de formation. 

Valérie ANTONIOLLI fait remarquer que l’équipe du CROP n’a jamais vraiment été dans une position de simple stagiaire face à un formateur. Au contraire, il s’agit d’une  formation action où chacun participe énormément. D’ailleurs les professionnels de terrain préparent la venue du centre de ressources : des fiches de synthèse sont  établies pour permettre de se poser des questions, des vidéos sont montées puis analysées. On étudie ce qui a bien fonctionné ou moins bien fonctionné ; l’équipe dégage alors une perspective en regardant les besoins. 

Aujourd’hui, Valérie ANTONIOLLI constate que les professionnels de terrain ont  adopté cette prise en compte globale de l’enfant ; chacun n’arrive plus avec ses  objectifs concernant sa discipline, il y a vraiment un projet commun. Elle termine sur sa  fonction transversale autour de la formation dont elle fait bénéficier les équipes des  autres secteurs. Sur les quatre secteurs concernés, trois sont sensibilisés ou formés. Le secteur restant est en grande demande. À ce jour, une petite trentaine d’enfants a bénéficié des interventions du Centre de ressources Robert Laplane. 


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