Notre équipe

Une équipe de professionnels qui, au-delà de leur métier d’origine, construisent par l’expérience partagée au Centre national de ressources leur nouveau métier.

Les métiers des professionnels du centre Robert Laplane ne se réduisent pas à ceux correspondant à leur qualification initiale. Ils se caractérisent, d’une part, par la connaissance des problématiques de handicap présentées par les populations de jeunes auxquelles s’adresse le Centre de ressources, et, d’autre part, par le développement de compétences à transmettre des savoirs et des savoir-faire acquis.

Claire Davalo - LSF

Claire DAVALO

Directrice

«Traduire et mettre à la portée de tous les savoirs, savoir-faire et savoir-être au bénéfice de l'amélioration des accompagnements»

claire - dessin

Créer, développer, échanger, débattre avec une équipe de personnes passionnées et engagées : tel est l’état d’esprit qui nous anime au Centre de ressources Robert Laplane. Car en tant que Directrice, je conçois mon rôle autour de l’animation de la réflexion collective sur nos différents champs d’expertise : la diffusion des connaissances sous toutes ses formes, le développement des compétences, la co-construction de projets avec des acteurs d’horizons différents, l’ouverture (au niveau européen notamment) pour découvrir ce que chacun a développé à partir d’une problématique commune et d’approches et cultures différentes. Avec, pour fil rouge permanent : le soutien à l’autodétermination des personnes en situation de handicap.

En tant que Centre national de ressources handicaps rares, nous sommes sollicités pour les situations les plus complexes, souvent ignorées, et pour lesquelles les professionnels qui interviennent dans le parcours sont peu valorisés. Nos missions visent à traduire et à mettre à la portée de tous les savoirs, savoir-faire et savoir-être au bénéfice de l’amélioration des accompagnements. Nous nous attachons aussi à créer des ponts entre les différents acteurs du champ de la recherche, de la formation, des associations de familles, des pouvoirs publics, à « être des passeurs » entre ces différents mondes.

Aujourd’hui, j’inviterais les professionnels à sortir du quotidien de leur activité pour rejoindre d’autres pairs au sein de communautés de pratiques. Je crois profondément aux bénéfices de ne pas rester isolé face aux situations complexes et de nourrir sa réflexion par les regards croisés, le questionnement et le partage d’expériences avec d’autres professionnels. Le Centre Robert Laplane anime plusieurs groupes de pratiques : découvrez-les et rejoignez-nous !

Enfin, c’est aux familles concernées par le handicap que je souhaiterais m’adresser. Mon parcours professionnel aux côtés d’enfants et de jeunes sourds m’amène à vous suggérer un conseil. Tout d’abord, celui de repérer dans votre entourage des personnes ressources qui croient autant que vous dans les compétences de votre enfant. Convaincus de tous ces potentiels à révéler, je vous inciterais ensuite à rejoindre d’autres familles au sein d’associations pour collectivement construire des projets et, ainsi, contribuer à faire évoluer le regard de la société sur le handicap.

Car comme le disait Léon Gambetta : « Ce qui constitue la vraie démocratie, ce n’est pas de reconnaitre des égaux, mais d’en faire ».

 

Sylvie LENORMAND Sylvie LENORMAND - LSF

Sylvie LENORMAND

Adjointe de Direction 

«Etre facilitateur pour proposer un cadre de réflexion et d’appui sécurisé aux professionnels»

Sylvie LENORMAND - dessin

Si je n’ai rejoint que récemment l’équipe du Centre de ressources Robert Laplane, c’est une équipe que j’ai rencontrée il y a presque 15 ans maintenant et avec laquelle j’ai eu grand plaisir à travailler, emmaillée de belles expériences parmi lesquelles j’ai choisi d’évoquer celle-ci : au sein de l’établissement que je dirigeais, nous étions dans l’impasse concernant un jeune garçon sourd profond qui présentait un retrait relationnel majeur. A notre demande, une professionnelle du Centre Laplane est venue pour observer cet enfant qui s’est véritablement « animé » en découvrant un matériel qu’elle lui proposait. Ce fut un moment magique et le début de très nombreux progrès pour ce petit garçon. Cette expérience m’a confortée dans l’idée qu’il ne faut jamais arrêter de chercher.

Aussi, chercher et créer sont certainement mes principaux leviers de motivation aujourd’hui. Forte d’un double parcours en tant que Psychologue du développement et Cadre de direction, je reste en quête d’apprendre et d’apporter ma contribution à l’équipe pour modéliser, formaliser et transmettre des années d’expériences, de savoir faire et d’expertise autour des situations individuelles ou institutionnelles complexes. L’expertise clinique conjuguée au sens de l’analyse stratégique sont des dimensions qui s’alimentent l’une l’autre en permanence dans mon activité avec, pour point commun, l’analyse systémique à l’œuvre dans les deux champs.

« Chaque difficulté doit être l’occasion d’un progrès nouveau » : si ces mots appartiennent à Pierre de Coubertin, ils sont source d’inspiration pour nous tous au Centre national de ressources Robert Laplane. Je conçois en effet notre rôle comme facilitateur pour proposer un cadre de réflexion et d’appui sécurisé aux professionnels qui nous sollicitent. Ce cadre est un prérequis indispensable pour pouvoir mettre au travail les éléments en jeu au moment de la sollicitation, permettre un nouvel éclairage sur la situation et co-construire les réponses adaptées.

 

E LASSERRE Elisabeth LASSERRE

Elisabeth LASSERRE

Référente scientifique

«Comprendre les mécanismes neurophysiologiques sous-jacents au comportement et au langage»

Elisabeth - dessin

Au moment de la création du Centre de ressources Robert Laplane en 1998, j’avais déjà travaillé avec le Dr Monique Dumoulin qui était sa première directrice : comme psychomotricienne au Centre pour enfants pluri-handicapés de la rue Daviel qu’elle dirigeait alors, et des années auparavant en collaboration avec elle au sein de l’IME de Chevreuse qui accueillait des enfants sourdaveugles. J’ai par la suite naturellement accepté le poste qu’elle me proposait au sein du Centre de ressources Robert Laplane

Avec les enfants sourdaveugles, comme plus tard avec les enfants sourds présentant des déficiences associées, j’ai été confrontée à la nécessité de rechercher les voies d’accès à leur univers intérieur grâce aux modalités sensorielles qui étaient chez eux, au moins en partie, préservées. Je me suis alors progressivement passionnée pour les liens étroits existant entre développement sensori-moteur et accès à la communication et au langage. Par besoin de comprendre à la fois les mécanismes neurophysiologiques sous-jacents au comportement et au langage de ces enfants ainsi que les intrications de ceux-ci avec leur histoire et leur environnement, j’ai entrepris un mastère de neuropsychologie du développement, précédé d’une maitrise en sciences du langage.

Au cours de ces vingt dernières années et aujourd’hui encore, mon travail au Centre de ressources m’a permis d’approfondir cette compréhension, grâce aux échanges avec mes collègues toujours fructueux, grâce aussi à tout ce que les familles, les professionnels, les personnes en situation de handicap elles-mêmes m’ont apporté. La réflexion qui a découlé de ces échanges a progressivement nourri et conforté l’aide que je pouvais apporter aux familles et aux jeunes en situation de handicap.

L’observation de nombreux enfants ainsi que, pour certains, le jalonnement au long cours de leur parcours ont continuellement entretenu le besoin de confronter expérience et réflexion théorique. C’est pourquoi, être ressource aujourd’hui consiste également à placer la formalisation des connaissances acquises et leurs transmissions au cœur de mon action de professionnel « ressources ».

Aurélie Boijeaux - Laplane Aurélie Boijeaux - Laplane -LSF

Aurélie BOIJEAU

Attachée administrative

«Voir ensemble et au-delà des personnes ... tel est notre engagement et motivation au sein de l'équipe !»

Aurélie Boijeaux - Laplane - dessin

Voir ensemble et au-delà des personnes … je crois que ces quelques mots expriment ce qui constitue notre motivation et notre engagement collectif au sein de l’équipe du Centre de ressources Robert Laplane.

Car depuis près de 20 ans maintenant, j’ai la chance de faire partie d’une équipe dynamique, en questionnement permanent autour des situations des jeunes en situation de handicap rare pour lesquels nous sommes sollicités et c’est une véritable richesse au quotidien.

A mon niveau, j’espère contribuer à apporter ma « petite pierre à l’édifice » en m’attachant à accorder une qualité d’écoute à chacun, tant pour les professionnels que pour les familles. Car c’est bien ce contact privilégié avec les familles, avec les personnes en situation de handicap rare elles-mêmes et les professionnels d’établissements partenaires qui apporte ce « supplément d’âme » aux activités administratives que je gère.

Au cours de ces années, l’un des événements qui m’a le plus marquée est certainement ma rencontre avec la Langue des signes française et la découverte du monde des sourds. Je me souviens avoir réalisé à quel point l’utilisation d’une communication alternative est essentielle pour permettre à chacun d’exprimer qui il est. J’ai très vite ressenti une attirance pour la LSF. Et, aujourd’hui, je me sens à l’aise pour communiquer avec des personnes qui utilisent la langue des signes, même en dehors du cadre professionnel. Un véritable enrichissement personnel que je dois au Centre de ressources et toutes les personnes qui contribuent à le développer !

Lotus EMAM - Laplane Lotus EMAM - Laplane - LSF

Lotus EMAM

Chargée de mission ingénierie des connaissances

«Les valeurs qui animent mon travail au quotidien : la passion, la bienveillance, la réflexion. Et la "Careness" ramenée de mes voyages d'études ...»

Lotus EMAM - Laplane - dessin

« Là où je suis aujourd’hui ne détermine pas où je serai demain » : cette phrase me parle tout particulièrement et j’espère qu’elle résonnera aussi pour vous tant elle fait sens avec mon parcours … et avec les situations de handicap rare que nous accompagnons au Centre de ressources Robert Laplane.

Dans le cadre du master recherche en Neurosciences comportementales que j’ai suivi, j’ai bénéficié d’enseignements très riches (en neuro-psychologie et psychiatrie, neuro-éthologie, intégrations sensorimotrices …) complétés par deux stages qui m’ont indéniablement marquée. La première expérience, à Londres, m’a engagée dans un travail de recherche visant à étudier les capacités motrices et le développement cérébral et sa latéralisation. Les études ont permis de comparer le biais du « left cradling » (bercer à gauche) chez les enfants atteints et non atteints de pathologies cognitives comme l’autisme. Pour le second stage, je suis partie un peu plus loin encore … dans la forêt tropicale de Budongo, en Ouganda, où mes recherches visaient à fournir une meilleure compréhension comportementale et cognitive des chimpanzés sauvages. L’une des approches consistait à observer la présence de dominance d’une main ou d’une autre selon différents contextes (alimentaires ou sociaux). Tous ces sujets, bien que différents sur de nombreux aspects, traitent, entre autres, de la communication gestuelle, du développement cognitif normal ou pathologique et de la transmission, tout en ayant une approche sociale et contextuelle.

C’est donc forte de ces expériences que j’investis aujourd’hui pleinement mes compétences au Centre de ressources en tant que Chargée de mission en ingénierie des connaissances. Plus concrètement, je réalise, entre autres, des revues de la littérature, des vulgarisations scientifiques et des présentations autour des neurosciences et des comportements en lien avec la population suivie par le Centre. Je participe également aux différents projets européens MEDIA+ et C.H.I dans lesquels nous sommes engagés. La diffusion, le transfert et la capitalisation des connaissances sont le fil rouge de toutes ces activités.

Aujourd’hui, je me reconnais pleinement dans les multiples valeurs qui animent le travail de l’équipe au quotidien : la passion, la bienveillance, la réflexion. J’en ajouterais encore une : la « careness » ramenée de mes voyages d’études …

 

Marie-Noëlle VIGNERON

Documentaliste

«J'ai la chance de faire partie d'une équipe dynamique, très investie et porteuse de projets variés sur le territoire et au-delà ...»

Documentaliste au Centre national de ressources Robert Laplane depuis septembre 2019, je participe au développement de son centre de documentation en étroite collaboration avec le réseau documentaire Handicaps Rares.

Mes missions s’articulent principalement autour de la recherche documentaire, du traitement et de la diffusion d’informations. Je contribue également à l’actualisation du site internet pour diffuser et partager le plus largement possible l’expertise du Centre dans le champ du handicap rare.

Mes connaissances autour du handicap rare sont plurielles : en effet, je travaille également au sein du CNRHR La Pépinière (Lille) où je participe, entre autres, au déploiement d’une plateforme collaborative autour des troubles neurovisuels, des troubles du spectre autistique et de la déficience visuelle.

Grâce au partenariat entre ces deux Centres nationaux de ressources handicaps rares, La Pépinière et Robert Laplane, j’ai la chance de faire partie d’une équipe dynamique, très investie et porteuse de projets variés sur le territoire et au-delà.

« Être ressource » ? C’est une grande satisfaction au quotidien que de pouvoir apporter des réponses concrètes à une problématique rencontrée par l’équipe, nos partenaires ou les familles elles-mêmes. Aussi, j’apprécie tout particulièrement la devise « Je sème à tout vent » des Editions Larousse. Elle évoque les liens forts que l’équipe noue avec les personnes qu’elle accompagne et symbolise bien l’idée de transmission et de partage de compétences au cœur de notre projet collectif.

Rachilde BENELHOCINE - laplane Rachilde BENELHOCINE - Laplane - LSF

Rachilde BENELHOCINE

Enseignant de LSF et orthosigneur

«L’important est de trouver le bon canal, le bon chemin pour permettre à l'enfant de se développer et de se construire»

Au-delà de mon rôle de formateur/enseignant de LSF, je suis profondément attaché à la liberté d’expression individuelle de la personne, sans nécessairement suivre des règles imposées. Laisser émerger ce que la personne sourde veut exprimer me semble primordial. J’ai observé que peu d’espaces individualisés existent pour les élèves sourds. Aussi, dans ma pratique professionnelle, je privilégie les interactions dans un cadre individuel car, une fois cette étape franchie, il devient dès lors plus aisé pour la personne sourde de trouver sa place et de « prendre la parole » dans un espace collectif.

En tant que professionnel du Centre de ressources Robert Laplane, je m’intéresse à de nombreux domaines : la linguistique, le langage, la pédagogie supervisée, la didactique … Et, je considère qu’être ressource consiste à recenser tous les moyens qui existent autour de la communication et au niveau pédagogique afin de contribuer à diffuser un maximum de connaissances et de compétences autour des outils adaptés spécifiques. Car quelles que soient les difficultés de la personne, je me dois de la respecter dans son expression spontanée et de la soutenir pour qu’elle puisse développer sa propre communication avec autrui. Je suis convaincu que chacun peut évoluer et développer son langage, si tant est que la personne soit respectée et comprise dans sa spécificité.

Plusieurs expériences marquantes illustrent cette conception de ma pratique et de mon positionnement professionnels. Je me souviens par exemple de ce petit garçon sourd qui présentait une forme d’autisme. Un jour, son père est venu assister à la séance que je proposais à son fils. J’ai alors initié la conversation en demandant au jeune garçon de me raconter ses vacances. Le père s’est soudainement retrouvé envahi d’une profonde émotion lorsqu’il a constaté que son fils était en capacité d’évoquer des moments passés en famille. C’était la première fois ! J’ai alors expliqué à ce petit garçon que son papa serait lui aussi content de pouvoir partager des émotions avec lui au travers d’un échange en LSF. Les dessins situationnels dans le cahier de vie étaient un support d’échange indispensable pour évoquer et travailler le langage. Le travail individuel avait permis d’ouvrir les échanges sur la scène familiale. Partir de l’individuel pour favoriser l’expression face à un collectif…

De nombreux tests peuvent permettre de mieux comprendre le fonctionnement d’une personne pour mieux apprendre. J’encourage donc les professionnels à solliciter l’équipe du Centre Robert Laplane sans attendre pour identifier plus finement ce qui entrave la personne dans sa communication.

Pour finir, je souhaiterais m’adresser aux familles en les invitant à privilégier l’accès aux apprentissages. L’important est de trouver le bon canal, le bon chemin pour permettre à l’enfant de se développer et de se construire. C’est l’objectif que nous poursuivons tous au Centre de ressources Robert Laplane !

 

Claire-Marie AGNUS - Laplane Claire-Marie AGNUS - Laplane - LSF

Claire-Marie AGNUS

Orthophoniste

«Le regard que l'on porte sur chaque enfant peut beaucoup !»

Claire-Marie AGNUS - dessin

Voilà plus de 20 ans que je travaille au Centre de ressources Robert Laplane et mon émerveillement reste intact chaque fois que des compétences se dévoilent soudainement chez des personnes que nous accompagnons et devant le courage dont elles font preuve pour progresser.

A l’époque, alors chef de service dans une Section d’éducation et d’enseignement spécialisé, j’avais été impressionnée à la lecture de bilans fonctionnels d’enfants sourds réalisés par l’équipe du Centre de ressources dirigée par Monique Dumoulin. J’ai ressenti le besoin de retrouver le terrain en tant qu’orthophoniste et suis donc allée proposer mes services au Dr Dumoulin.

Aujourd’hui, faire partie de l’équipe du Centre de ressources, ce n’est pas tant se considérer comme un réservoir de connaissances pédagogiques que comme un creuset où se façonnent de nouveaux outils à partir de matériaux glanés et recombinés. Car personnellement, je place mon expertise du côté de la création d’outils de remédiation pour contourner les obstacles à la communication. J’ai développé un intérêt singulier pour tout ce qui concerne la CAA – communication alternative et améliorée. Repérer les ressources dans les lieux où je suis appelée à intervenir, les analyser, les comparer, les confronter à la théorie, les adapter avant de les « colporter » ailleurs pour en expérimenter des versions toujours renouvelées : voilà ce qui me passionne. Découvrir encore et toujours des situations nouvelles qui offrent un terrain fertile à ma créativité, au risque d’être considérée comme la « MacGyver » de l’équipe : « to improvise an ingenious solution using whatever is available at hand« 1

Car plus j’avance, plus je suis persuadée que c’est la personne en situation de handicap elle-même qui détient les clés de ce qui pourra l’aider. Mon rôle à ses côtés ? Avoir la disponibilité d’esprit et l’ouverture pour découvrir ces leviers grâce à une observation attentive. Je me vois comme un catalyseur sur le chemin de l’autodétermination pour ces personnes …

Pour finir, c’est aux familles concernées par le handicap que je souhaiterais m’adresser en les encourageant à regarder leur enfant tel qu’il est, unique et incomparable. Ne pas le comparer si ce n’est à lui-même, au fil du temps. Car le regard que l’on porte sur chaque enfant peut beaucoup !

 

Valérie BILLET - Laplane Valérie BILLET - Laplane - LSF

Valérie BILLET

Orthophoniste – Codeuse

«Nous solliciter, c'est peut être la possibilité de développer tout un champ de compétences nouvelles, pour vous-même, comme pour les personnes que vous accompagnez !»

Valérie BILLET - dessin

Pousser la porte du Centre de ressources Robert Laplane, c’est ouvrir la possibilité de développer d’autres axes de progrès pour les enfants, adolescents ou jeunes adultes sourds qui présentent des déficiences associées ou atteints de troubles complexes du langage. C’est ainsi que j’ai découvert le Centre il y a plusieurs années alors que j’accompagnais une jeune fille en tant que codeuse LfPC1. Cette fillette nous questionnait car son langage ne se développait pas comme nous aurions pu nous y attendre. En accord avec ses parents, nous avons fait appel au Centre Robert Laplane. J’ai alors été particulièrement sensible à l’approche de l’équipe. Je garde notamment en mémoire le travail d’Elisabeth Lasserre, la qualité de son questionnement et de son écoute. Elle nous a permis de nous interroger différemment, de changer le prisme de notre regard, d’observer avec plus de précision la situation de cette fillette. Cette collaboration a été déterminante pour moi.

Aujourd’hui, en tant qu’orthophoniste au Centre de ressources et codeuse LfPC dans un centre spécialisé, je pense avoir élargi mon champ d’expertise pour le faire correspondre à un éventail de situations et de besoins bien plus étendu. Le développement de la langue chez un enfant avec trouble auditif a toujours été au cœur de ma réflexion et de mon travail. Aussi, je considère qu’être ressource c’est avant tout être au service des autres, mettre à disposition des personnes qui en font la demande son expertise, son expérience et sa connaissance des situations.

Pour compléter ces quelques lignes autour de mon parcours, j’éprouve le besoin de dépasser le champ strictement professionnel. Car au-delà de mon activité, je suis moi-même maman d’un jeune adulte sourd. De professionnelle, je suis donc devenue parent, de l’autre côté du miroir… Aussi, à titre personnel, je me suis investie au sein d’une association pour former d’autres parents et proches d’enfants sourds à la maitrise du code LPC. Cet engagement est important pour moi.

Pour terminer, je souhaiterais m’adresser aux professionnels d’ESMS. Je vous encourage à interpeler le Centre de ressources dès qu’un enfant, un jeune, un résident vous questionne du fait de sa difficulté à communiquer, à intégrer le langage, alors que les expertises de chacun sont mises en œuvre. Pour l’avoir vécu, je sais qu’en tant que professionnel on peut se sentir démuni lorsqu’une personne ne développe pas ses habiletés telles qu’attendues. Faire intervenir l’équipe du Centre de ressources Robert Laplane peut être la possibilité de développer tout un champ de compétences nouvelles, pour vous-même, comme pour les personnes que vous accompagnez. Contactez-nous !

 

Véronique LE RAL - Laplane Véronique LE RAL - Laplane - LSF

Véronique LE RAL

Orthophoniste

« "Embarquer" les professionnels dans l'envie de réfléchir ensemble et d'enrichir notre cheminement»

Véronique LE RAL - dessin

Voilà plus de 20 ans que je travaille au Centre de ressources Robert Laplane en tant qu’orthophoniste. Et je pense à tous ces moments de rencontre avec les enfant/adultes en situation de handicap rare qui découvrent le sens, qui mettent du lien entre ce qu’ils vivent et ce que l’on met en mot, en pictogramme ou en dessin, qui découvrent qu’ils ont des choses à dire et des moyens pour les transmettre … Sans doute également ces moments au cours desquels les parents ou les professionnels partenaires réalisent que l’enfant/adulte a des choses à dire, même en étant démuni. Car quelles que soient les difficultés de la personne, cheminer avec elle pour découvrir et l’amener à développer son potentiel de communication et d’autonomie, partager avec intensité tous ces moments où elle nous surprendra : ce sont des expériences uniques et inoubliables.

Car en effet, au cours de mon parcours professionnel, je me suis rapidement passionnée pour l’accompagnement d’enfants sourds qui n’évoluaient pas comme nous pouvions l’espérer malgré une prise en charge adaptée, en entrant plus difficilement dans le langage et les apprentissages. A une époque où la notion de « handicap rare » n’existait pas encore, j’ai participé à la mise en place d’une réflexion sur une CAA1 innovante (le code pictographique Daviel) et le développement d’outils informatisés permettant aux enfants d’accéder au sens, de développer leur communication, leur langage, leur pensée. Passionnée par l’informatique et ses applications, une collègue et moi avons notamment mis au point une utilisation spécifique du logiciel Clicker pouvant servir au mieux les objectifs de développement de la pensée et du langage.

Aujourd’hui, l’une de mes principales motivations repose sur cette dynamique à créer pour « embarquer » les professionnels dans l’envie de réfléchir ensemble et d’enrichir notre cheminement. Encore et toujours requestionner sa pratique, détricoter, retricoter, adapter, modifier, innover ensemble …

Car l’expertise ne peut à elle seule exister sans avoir à s’interroger sur la manière de transmettre. J’ai longtemps réfuté le terme de formation considérant que j’étais davantage dans une transmission de savoir-faire en allant à la rencontre des personnes et des professionnels de terrain. A la suite de formations de formateurs et d’approfondissement autour du concept de formation-action, je crois être en mesure d’agir sur le terrain, en présence, pour ensuite accéder à un accompagnement plus théorique.

Au quotidien, l’équipe et moi-même sommes engagées dans cette quête de la rencontre avec la personne en situation de handicap rare. A nous de relever ce défi constant de la découvrir, de se comprendre, de s’adapter et d’innover.

 

Anne VOYNET, Orthophoniste Anne VOYNET - Laplane - LSF

Anne VOYNET

Orthophoniste

«Expérimenter, douter, partager avec l'équipe, comprendre, créer, et surtout ajuster le projet d'accompagnement en permanence»

Anne VOYNET - dessin

Comment adapter l’environnement à une personne, enfant ou adulte, qui a quelque chose à dire sans en avoir les moyens ? C’est cette grande et vaste question autour de la communication qui m’a guidée tout au long de ces années dans mon activité d’orthophoniste au Centre de ressources Robert Laplane, ainsi qu’au Centre pour enfants pluri-handicapés Daviel dans lequel j’ai également exercé.

Depuis presque 30 ans, mon expertise clinique s’est forgée auprès d’enfants qui ne ressemblent à aucun autre et pour lesquels il me faut expérimenter, douter, partager avec l’équipe pluridisciplinaire, comprendre, créer, et surtout ajuster le projet d’accompagnement en permanence. Forte de toutes ces expériences passionnantes, et de ce savoir expérientiel, je considère aujourd’hui qu’être personne ressource s’exprime au travers de ma capacité, et du réel plaisir que j’ai, à transmettre diverses compétences nécessaires à la prise en compte d’une personne en situation de handicap rare.

Car cette prise en compte, fine et précise, est primordiale et détermine de nombreux axes dans mon travail au Centre Robert Laplane : acquisitions de nouvelles données scientifiques sur le plan médical et neuropsychologique, transmission d’une démarche hypothético-déductive, réflexions sur le diagnostic fonctionnel et propositions adaptées et évolutives de remédiations. La compréhension de la situation de l’enfant dans sa globalité permet souvent de soulever d’autres hypothèses et d’avoir un regard différent et partagé sur son accompagnement.

« L’important est de savoir ce qu’il faut observer » disait Edgar Allan Poe …

Aujourd’hui, j’ai conscience de la chance qui m’est donnée de travailler au sein de cette équipe dynamique, passionnée et animée par le souhait d’améliorer la situation de personnes en situation de handicap, ainsi que de transmettre son expertise aux professionnels et aux familles. Car c’est autour de ce partage que se construisent des liens forts entre les professionnels de la première heure et les derniers arrivés, riches d’autres expériences, au Centre Robert Laplane !

 

Audrey CONSTANT, Psychologue – Neuropsychologue Audrey CONSTANT, Psychologue – Neuropsychologue - LSF

Audrey CONSTANT

Psychologue – Neuropsychologue

«Nous tâchons d’être des passeurs de savoirs, savoir-faire et savoir-être»

Audrey CONSTANT, Psychologue – Neuropsychologue - dessin

J’ai rejoint le Centre National de Ressources Robert Laplane en 2009 en tant que psychologue-neuropsychologue. Tout au long de mon parcours, l’accompagnement au quotidien des jeunes en situation de handicap et les rencontres avec des professionnels de différents horizons m’ont grandement enrichie (orthoptistes, psychomotriciens, médecins, orthophonistes, éducateurs …).

La richesse de ces rencontres et la composition pluridisciplinaire de notre équipe permet aujourd’hui d’apporter une dynamique collective porteuse de renouveau au bénéfice des situations complexes pour lesquelles nous sommes sollicités. La transdisciplinarité me parait indispensable à la construction d’une expertise qui, pour moi, se construit sur le terrain, auprès des personnes accompagnées. Le chemin est encore riche de rencontres et découvertes et l’expertise jamais vraiment assise je pense !

Depuis toujours, l’assurance d’un mieux être possible pour les personnes en situation de handicap et la possibilité d’améliorer leur parcours de vie sont de véritables guides pour ma pratique professionnelle. Je conçois notre mission en tant que Centre national de ressources autour de trois axes pouvant contribuer cette amélioration : favoriser une vision globale la plus objective possible des situations, faciliter les rencontres et les échanges entre les différents acteurs (familles et professionnels) intervenant autour de ces situations et catalyser leurs actions et réflexions. Nous tâchons d’être avant tout des passeurs de savoirs, savoir-faire et savoir-être.

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » J’emprunte à Sénèque cette citation pour souligner combien, face à une situation complexe, un regard extérieur peut parfois, pour ne pas dire souvent, relancer la dynamique réflexive auprès des personnes que nous accompagnons. Et que la volonté des familles et des personnes en situation de handicap d’imaginer des futurs innovants est possible. J’invite donc les familles, les professionnels, les institutions à nous solliciter car ensemble, c’est mieux !

 

Olivia MONGE, Psychologue Olivia MONGE, Psychologue - LSF

Olivia MONGE

Psychologue clinicienne

«Ajuster ensemble les moyens alternatifs d'une meilleure communication, dans le respect permanent du principe d'autodétermination de la personne»

Olivia MONGE, Psychologue - dessin

Forte d’une expérience de plus de 20 ans auprès de personnes sourdes, en institution ou en activité libérale, comme thérapeute pour enfants, adolescents et adultes sourds présentant des troubles associés et leurs familles, j’ai rejoint le Centre de ressources en tant que Psychologue clinicienne.

Aujourd’hui, je conçois mon activité comme un soutien aux personnes en situation de handicap rare à s’épanouir dans leur environnement par l’intermédiaire d’un partenariat étroit entre les familles et les professionnels. Notre objectif commun : mieux comprendre les compétences et intérêts de ces personnes, leurs difficultés et leurs freins, pour ajuster ensemble les moyens alternatifs d’une meilleure communication, dans le respect permanent du principe d’autodétermination de la personne.

C’est pourquoi, faire partie du Centre de ressources m’engage aux côtés de mes collègues à porter un regard neutre et bienveillant sur les situations, à distance des enjeux institutionnels et/ou familiaux, en toute confidentialité et dans le strict respect de la personne et de sa famille. Lorsque nous sommes sollicités, nous adoptons une posture spécifique pour faciliter la réflexion autour des difficultés rencontrées pour les situations qui n’évoluent pas comme initialement souhaité. Mutualiser, croiser les regards et les approches, échanger : nous apportons au sein de l’équipe nos savoirs expérientiels et théoriques aux autres professionnels pour leur permettre de développer de nouvelles compétences qui éclaireront les impasses de compréhension et d’accompagnement des situations les plus complexes.

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ». Je crois que ce proverbe africain résume parfaitement l’état d’esprit qui nous anime au quotidien. Cette intelligence collective qui se construit autour de chaque situation qui nous est donnée d’observer, analyser et partager, je la nourris par mon approche intégrative prenant en compte les composantes cliniques, développementales et neuropsychologiques de mon parcours professionnel.

 

Amandine Vanzo - LAPLANE Amandine Vanzo - LSF

Amandine Vanzo

Chargée de mission - Doctorante en psychologie du travail

«Etre ressource, c'est accepter de ne pas savoir !»

Amandine- dessin

De formation initiale en psychologie clinique du développement, ma pratique professionnelle s’est enrichie auprès de différents publics en situation de handicap. J’ai par la suite continué à m’inspirer de cette posture clinique en tant qu’enseignante spécialisée en prônant le respect de la personne via l’adaptation de la langue, des supports et des contenus d’apprentissage. C’est ce parcours non linéaire qui, je crois, me permet de disposer d’outils conceptuels et pratiques diversifiés et des regards croisés de psychologue clinicienne, enseignante spécialisée et psychologue du travail.

Aujourd’hui, je fais partie de l’équipe du Centre de ressources Robert Laplane dans le cadre de mon doctorat en lien avec le projet Media+. Je conçois ce travail de recherche comme une véritable opportunité pour développer les liens entre le champ universitaire et le Centre de ressources et diffuser des connaissances autour des compétences souvent méconnues des professionnels et des aidants accompagnant des enfants en situation de handicap rare.

Forte de toutes ces expériences, je crois qu’être ressource c’est accepter de ne pas savoir ! Ne pas savoir pour se placer dans une posture d’écoute bienveillante, de questionnement, de regard distancié afin de construire ensemble grâce à la mise en commun de savoirs pluriels.

Aussi, j’invite les établissements et professionnels de tout horizon à solliciter le Centre de ressources Robert Laplane comme l’on sollicite un collègue plus expérimenté, que l’on reconnait comme ayant déjà traversé les mêmes problématiques et s’en étant sorti positivement.

Pour finir, je souhaiterais m’adresser aux familles en errance de diagnostic ou ne trouvant pas d’environnement adapté à leur enfant en situation de handicap. Ces familles qui portent pour leur enfant un amour au-delà des obstacles rencontrés sont nos véritables guides. Nous devons leur apporter tout notre soutien ! Je m’y emploie, avec une curiosité infinie et un enthousiasme que j’espère communicatif.

 

Hélène CAUCHEMEZ

Psychologue clinicienne - Chargée de projet

«Soutenir la parole des personnes sourdes sur le plan professionnel c'est contribuer à leur permettre de prendre confiance en ce qu'elles ont à exprimer»

Mon expérience professionnelle auprès de personnes sourdes, enfants, adolescents et adultes, patients et collègues, signeurs ou pas, avec ou sans handicap, m’a permis de construire ma réflexion sur ce que signifie « être sourd-e », dans sa pleine diversité et la manière dont ça retentit sur les différents aspects d’une vie. Tout en étant parfaitement consciente des limites de ce que je peux en comprendre en tant qu’entendante.

Aujourd’hui, en tant que l’une des psychologues cliniciennes animatrices du Groupe d’analyse des pratiques pour les professionnels sourds développé par le Centre de ressources Robert Laplane, j’ai la chance de participer à une expérience innovante qui permet l’exploration, la créativité et autorise les tâtonnements dans ce qu’ils peuvent avoir de fécond pour la réflexion. Soutenir la parole des personnes sourdes sur le plan professionnel notamment, c’est pouvoir la valoriser et contribuer à leur permettre de prendre confiance en ce qu’elles ont à exprimer.

Car le respect de toute vie humaine et le goût de la découverte sont pour moi des valeurs qui infusent quotidiennement ma pratique professionnelle. Aussi, « être ressource », consiste je crois à tenter d’utiliser ce que j’ai appris ou compris pour le mettre au service de l’autre, qui lui-même/elle-même a ses propres compétences et expériences, à découvrir et à respecter.

 

Vania DOH

Psychologue clinicienne - Chargée de projet

«Douter ensemble ... maintenir la tension de ne pas savoir pour aller à la rencontre de l'autre ...»

J’ai rejoint en 2017 l’équipe du Centre de ressources Robert Laplane avec laquelle j’avais déjà eu des collaborations toujours riches et intéressantes dans le cadre de précédents emplois. En tant que psychologue clinicienne, l’équipe m’a initiée à des notions de neuropsychologie très pertinentes dans mon travail. Et au contact de mes collègues, j’ai découvert et adopté la « culture du doute », posture et approche aujourd’hui encore tout à fait centrales dans ma pratique. Douter ensemble ! Maintenir la tension de ne pas savoir pour aller à la rencontre de l’autre …

Car cette rencontre est au cœur des groupes d’analyse de la pratique pour les professionnels sourds que je co-anime en LSF au sein du Centre Robert Laplane. Mon parcours dans le milieu de la surdité et en dehors me permet aujourd’hui d’écouter les professionnels sourds et de les soutenir dans leurs expériences professionnelles.

Imaginez : 8 inconnus qui se rencontrent un matin dans le cadre d’un groupe d’analyse de la pratique et qui se quittent en fin de journée, chargés d’émotions d’avoir partagé leur vie professionnelle … Cela constitue un souvenir unique et marquant. Puiser en moi pour restituer à l’autre sa singularité. Et oser un pas de côté … Je vous y invite toutes et tous !

 

Tout en mettant à disposition des personnes touchées par le handicap rare, de leurs familles et des professionnels, ses connaissances et son expertise, le Centre de ressources (qui a développé, à cet effet, une démarche d’intervention spécifique), a mené un travail de recherche sur les déficiences concernées, plus particulièrement sur les effets de leurs combinaisons et les conséquences qui en découlent. Pour construire ce savoir, l’équipe a mis progressivement en place une démarche clinique d’observation et d’investigation. L’examen des situations, leur analyse et la confrontation des observations recueillies avec les données scientifiques disponibles ont permis de construire de nouveaux savoirs. L’essor des neurosciences et de la neuropsychologie, les données récentes de la psychologie du développement et de la psychopathologie, constituent un moteur important dans cette démarche.

Aujourd’hui, la mutualisation des compétences, des savoirs et savoir-faire acquis est au cœur des préoccupations du Centre national de ressources Robert Laplane.

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