23 septembre 2026

La classification des surdités évolue

Article du Collège National d’audioprothèse du 09/09/2026

Une classification utilisée depuis près de 30 ans évolue ! Le Bureau International d’Audiophonologie (BIAP) vient de publier sa nouvelle recommandation Rec 02/2, qui remplace la précédente classification de référence datant de 1996-1997.

Et derrière ce changement de terminologie se dessine surtout une manière plus nuancée d’appréhender la perte auditive. Cette nouvelle recommandation s’appuie notamment sur les « Grades of Hearing Loss » de l’Organisation mondiale de la Santé, publiés dans le World Report on Hearing 2021. Concrètement, qu’est-ce qui change ?

3 évolutions majeures sont à retenir :

→ Les anciennes catégories « légère », « moyenne », « sévère » ou « profonde » laissent place à un continuum gradué de 0 à 6, afin de mieux traduire le caractère progressif de la perte auditive.

→ La classification est désormais établie oreille par oreille, et non à partir de la seule meilleure oreille. Une évolution importante pour mieux prendre en considération les situations d’asymétrie auditive.

→ Le seuil correspondant à une audition « dans les limites de la normale » est fixé à moins de 20 dB HL.

Mais ce dernier point mérite une attention particulière : être dans les limites audiométriques de la normale ne signifie pas nécessairement ne rencontrer aucune difficulté auditive. Et c’est probablement l’un des messages essentiels de cette recommandation : le BIAP rappelle en effet que le grade caractérise la sensibilité auditive et non le handicap vécu par la personne. À perte tonale moyenne comparable, les conséquences fonctionnelles peuvent être très différentes d’un individu à l’autre, sous l’influence de facteurs auditifs, mais aussi cognitifs, médicaux ou environnementaux.

D’autre part, cette classification répond avant tout à un objectif épidémiologique : elle ne peut donc, à elle seule, déterminer une indication d’appareillage, une éligibilité ou les modalités d’une adaptation audioprothétique.

En pratique clinique, l’évaluation doit rester plus globale : audiométrie vocale, compréhension de la parole dans le bruit, difficultés rapportées par le patient et contexte individuel demeurent indispensables pour appréhender réellement les conséquences d’une perte auditive.

Enfin, cette recommandation n’est qu’une première étape ! Le BIAP prévoit de poursuivre ce travail avec des recommandations complémentaires intégrant notamment l’audiométrie vocale et d’autres situations auditives, afin d’élargir progressivement l’évaluation au-delà de la seule sensibilité tonale.

Cette nouvelle recommandation est le fruit d’un travail collectif international auquel ont contribué plusieurs membres du Collège national d’audioprothèse. Le Collège tient à saluer leur implication dans ce travail de réflexion et d’harmonisation internationale.

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