• Pourquoi un tel projet?

Depuis de nombreuses années, le CNHR R. Laplane organise une formation en direction des professionnels sourds qui interviennent auprès d’enfants sourds, notamment ceux avec déficiences associées.

Au cours de cette formation, sont abordés de façon approfondie le développement du langage normal et pathologique, les troubles du langage,  et les conditions de son acquisition tant pour l’enfant sourd que pour l’enfant sourd avec troubles associés.

Les réflexions autour de cette « pédagogie du langage » nous ont amenés à préciser et insister sur l’importance de la prosodie en langue orale bien sûr mais également en langue des signes.

Si la prosodie en langue orale est l’inflexion, le ton, la tonalité, l’intonation, l’accent, la modulation que nous donnons à notre langage oral en fonction de nos émotions et de l’impact que nous désirons avoir sur nos interlocuteurs, en Langue des Signes, elle est portée non seulement par l’expression du visage- comme on le dit souvent- mais également et à égale importance par le rythme, le tonus des signes, l’engagement du corps, le regard, l’amplitude du mouvement.

Tous ces aspects sont largement présents dans les comptines adressées aux enfants entendants, comptines que nous avons tous encore en tête, propres à chaque communauté linguistique. En LSF, ces comptines existent également. Nous ne parlons pas ici de comptines « traduites » de la langue orale mais de comptines propres à la langue des signes et à la communauté qu’elle représente.

Outre cette identité culturelle, les comptines permettent une intégration « naturelle » des règles de la phonologie d’une langue. Elles permettent aussi des apprentissages sous forme ludique, deux aspects d’autant plus importants pour les enfants sourds avec déficiences associées.

Or, au vu de l’histoire de la langue des signes en France et du fait que la plupart des enfants sourds naissent dans des familles d’entendants, les comptines en LSF ne sont encore que « confidentielles », créées par des professionnels au décours de leurs interventions auprès de jeunes enfants. Elles ne sont donc pas partagées dans une même communauté et peu visibles.

  • Les participants et les modalités de travail:

Les participants sont des professionnels sourds de toute la france ( enseignants, éducateurs) qui ont suivi le cycle de formation sur l’accompagnement des jeunes sourds avec des troubles associés sur trois ans avec Agnès Vourch’. Ils travaillent tous avec de jeunes enfants sourds. Les rencontres ont lieu sur une journée une fois tous les deux mois. 7 personnes participent à ce groupe de travail en provenance de toute la France.